par Maxime Cannesson - Entreprise

3 questions à Clotilde Delbos, Directeur Financier Groupe Renault & Présidente du Conseil RCI Banque

Clotilde Delbos a rejoint le Groupe Renault en 2012 en tant que Directeur Performance et Contrôle Groupe. Le 1er mai 2014, elle est également nommée Directeur Alliance, contrôle. Clotilde Delbos devient membre du Comité de Direction de Renault en 2014 et entre au Conseil d'Administration de RCI en novembre 2014. A compter du 25 avril 2016, Clotilde Delbos est nommée Directeur Financier du Groupe Renault. Elle est membre du Comité Exécutif de Renault et également Présidente du Conseil RCI Banque.
1/ Dans la lignée des résultats semestriels, la performance reste au rendez-vous pour ces résultats annuels : croissance record du chiffre d’affaires et marge opérationnelle supérieure à 6%
Pouvez-vous nous en dire plus sur les facteurs de ce succès ?

Ces bons résultats s’expliquent tout d’abord par une forte croissance des volumes, qui concernent l’ensemble des régions.

Nos activités en dehors de l'Europe ont continué d'être le moteur de notre croissance, avec une augmentation annuelle de 15,3% de nos immatriculations.

Toutes les régions hors Europe ont affiché des résultats stables ou positifs en termes d'immatriculations. Les deux principaux moteurs ont été la région Afrique-Moyen-Orient-Inde, notamment grâce au succès de Kwid, et la région Asie-Pacifique qui a bénéficié des lancements de véhicules en Chine et de la bonne performance de SM6 et QM6 en Corée.
Malgré des marchés en fort retrait, notamment en Russie et au Brésil, les ventes des régions Amériques et Eurasie ont cru grâce à l’amélioration de notre part de marché.

En Europe, Renault devient la deuxième marque avec des immatriculations en hausse de 12,1%. Cette croissance est tirée par le succès du renouvellement de la gamme, la plus jeune sur ce marché.

Par ailleurs, nos ventes aux partenaires ont également contribué à la croissance de notre chiffre d’affaires.

En termes de profitabilité, la poursuite de la réduction des coûts et les matières premières ont également continué à avoir un effet favorable sur notre marge.

RCI Banque a de nouveau cette année contribué positivement à l’amélioration de la marge du groupe grâce à sa dynamique commerciale et sa maitrise du coût du risque.

La principale difficulté aura été les devises, qui ont eu un impact très négatif, notamment après la dévaluation du Peso argentin et de la Livre sterling.

Les objectifs du plan « Drive the Change », lancé en 2011, ont été dépassés avec un an d’avance tant sur le plan de la croissance que sur celui des profits.

2/ Quel est votre objectif et quelles tendances prévoyez-vous pour 2017 ?

Nous envisageons l’année 2017 avec confiance, malgré le ralentissement attendu de la croissance du marché européen. A l’international, les marchés brésilien et russe devraient être stables tandis que la Chine et l’Inde devraient poursuivre leur dynamique de croissance.

Le Groupe devrait continuer à profiter pleinement, en Europe, de sa gamme renouvelée. A l’international, l’actualité produit sera particulièrement riche en Amérique Latine avec le lancement de 3 cross-over (Kwid, Captur, Koleos) et du pick-up 1 tonne Alaskan.

Sur le plan financier, nous prévoyons une nouvelle année de croissance du chiffre d’affaires (à taux de change constants). La marge opérationnelle du groupe en euros, après prise en compte de la consolidation d’AVTOVAZ, devrait également progresser. L’impact des devises devrait être moins négatif cette année, au contraire des matières premières dont les prix ont fortement remonté récemment.   

3/ Vous avez évoqué les ventes aux partenaires et la production croisée comme étant largement contributives au Chiffre d’affaires, pouvez-vous nous en dire plus ?

Les ventes aux partenaires sont basées sur le principe du partage des investissements. En mutualisant ces dépenses, cela permet de réduire les tickets d’entrée de développement.
De plus, en ajoutant les volumes de partenaires, nous pouvons optimiser l’utilisation de nos capacités industrielles et bénéficier d’effets d’échelle plus importants.
Nous pouvons ainsi gagner en compétitivité et réduire les risques.

Les accords commerciaux que nous passons avec les partenaires sont guidés par la recherche de synergies et de performance économique.

En 2016, nous avons par exemple produit 164 000 véhicules pour Nissan et 75000 véhicules pour Daimler. Les ventes de « CKD » (collection de pièces pour assemblage) à nos partenaires en Iran et en Chine ont également largement contribué à cette dynamique.

En 2017, cette activité devrait poursuivre sa croissance avec le démarrage de la production de Nissan Micra à Flins

Pour les années à venir, de nouvelles opportunités sont à l’étude avec notamment l’arrivée de Mitsubishi Motors au sein de l’Alliance et les prochaines étapes du partenariat avec Daimler.

Tags: groupe renault Résultats financiers