par Groupe Renault - Entreprise

Carnet russe #1 : l'aventure industrielle de Renault en Russie

Hier, en présence du premier ministre russe Vladimir Poutine, une nouvelle ligne de fabrication a été inaugurée dans l'usine de Togliatti (plus grande usine automobile du monde). Cette inauguration vient couronner une révolution industrielle entamée par Renault en Russie dans les années 1990. Dans ce premier carnet, qui sera suivi de deux autres volets dans les semaines à venir, nous revenons sur cette aventure industrielle.

Nous n'évoquerons pas ici les liens forts qui existent entre Renault et la Russie (qui remontent aux années 1910), puisque ce sera le sujet de notre deuxième carnet russe. Nous voulions en premier lieu, revenir sur les enjeux stratégiques de la présence industrielle de Renault en Russie, en évoquant notamment la création d'Avtoframos, le partenariat entre l'Alliance Renault-Nissan et AVTOVAZ, et la concrétisation de ce partenariat : la nouvelle ligne d'assemblage (dite B0) de Togliatti.

Début d'industrialisation avec la création d'Avtoframos

Fondée en 1998, Avtoframos vient de la contraction de "auto", "France, et "Moscou" (sa ville d'origine). Elle est alors possédée à part égale par Renault, qui apporte le capital, et la Mairie de Moscou, qui fournit bâtiments et terrains.

Avtoframos, qui deviendra par la suite la filiale russe du groupe Renault, va très vite s'accroître avec notamment un investissement de 230 millions d'euros en 2003 en vue de la production de Logan. Depuis, l’usine ne cesse de s’agrandir pour répondre à la demande : en 2009 un investissement de 150 millions d'euros permet de doubler les capacités et fin 2011, un autre – de 100  millions d'euros - les augmente encore de 10% pour atteindre 175 000 véhicules par an.

Actuellement l’usine produit Logan, Sandero, Duster et Fluence, et se prépare à accueilir Koleos et Latitude.

Mais Renault ne veut pas en rester là… En effet, le potentiel du marché automobile russe est très prometteur, avec environ 250 voitures pour 1000 habitants (contre 600 en Europe occidentale), un parc automobile vétuste (11 ans d’âge en moyenne) et un réseau routier qui devrait doubler entre 2008 (600 000 km) et 2030 (1 350 000 km).

Nouvelle dimension stratégique avec AVTOVAZ

Renault signe en 2008 un partenariat stratégique avec AVTOVAZ, premier constructeur russe, qui produit la gamme Lada. AVTOVAZ, c'est aussi l’usine de Togliatti, la plus grande usine du monde par sa superficie (5 km sur 2 km !), 300 km de lignes de production, 4 millions de mètres carrés industriels, et une capacité de production de près d’un million de véhicule par an.

En 2010, Nissan entre dans la danse. C’est désormais l’Alliance qui devient partenaire d’AVTOVAZ. La force de frappe additionnée de Renault et Nissan permet au partenariat entre l’Alliance et AVTOVAZ de redoubler d’ambition sur un marché de 2,6 millions de véhicules en 2011.

Ainsi, les 3 partenaires visent un objectif combiné de 40% de parts de marché d’ici 2016 (dont 25% pour Lada), soit 7 points de plus que la part atteinte fin 2011 (33%). A noter, la Russie est le troisième marché de l'Alliance après la Chine et les Etats-Unis.

Les ambitions commerciales de Renault, Nissan et AVTOVAZ s’appuient sur un outil industriel très puissant, atout stratégique dans un pays où les droits de douane sont élevés et où la localisation de la production atteint des records. Outre l’usine de Moscou et Togliatti, les partenaires s’appuient sur l’usine de Saint-Petersbourg (Nissan) et d’IzhAvto (entrée dans le giron d’AVTOVAZ fin 2011), pour une capacité totale dépassant le million de véhicules fin 2011, et visant 1,6 millions à fin 2016.

Inauguration d'une nouvelle ligne de production à Togliatti

La nouvelle ligne d’assemblage (B0) basée sur la plateforme Logan de Renault est la première réalisation d’envergure de ce partenariat. Igor Komarov, le président d'AVTOVAZ, Carlos Tavares, le Directeur Général Délégué aux opérations de Renault, et Toshiyuki Shiga, le directeur d'exploitation de Nissan, accompagnaient M. Poutine lors de la cérémonie d'inauguration à Togliatti.

La production démarre avec deux nouveaux modèles de Lada, suivis dans l’année par un modèle de Nissan et deux autres de Renault, en 2013. Au total, cinq modèles différents, représentant les trois marques, sortiront des chaînes.

400 millions d'euros ont été investis dans ce complexe industriel de 250 000 mètres carrés qui bénéficie du savoir-faire de l'Alliance Renault-Nissan en matière d'ingénierie et de réduction des coûts. Le site a une capacité de 350 000 véhicules / an et le premier véhicule à sortir de chaîne est la fourgonnette Lada Largus.

"Notre collaboration se renforce sans cesse et permet d'amplifier les économies d'échelle au sein de l'Alliance", a déclaré Carlos Ghosn, Président directeur général de l'Alliance Renault-Nissan. "Toutes les parties prenantes en sortent gagnantes – et ses bienfaits se font de plus en plus sentir à mesure que la Russie devient le moteur de la croissance économique de l'Europe".

Les nouvelles installations comprennent trois grandes réalisations : la ligne d’assemblage elle-même, qui a repris les murs et une partie des installations existantes aménagées selon les standards de l’Alliance ; un site châssis qui à terme fournira les sites de trois partenaires en Russie, et un site mécanique (destiné aux moteur de type K et aux boites de vitesses de type H). La tôlerie fonctionne avec deux flux pour un total de 60 véhicules à l’heure. Le département peinture, une création greenfield, démarrera un peu plus tard.

Ces réalisations ont été rendues possibles grâce au déploiement du système de production de l’Alliance APW (Alliance Production Way), qui représente le meilleur des systèmes Nissan et Renault, en termes de processus industriels, de modes de fonctionnement et de standards.

La semaine prochaine, retrouvez notre deuxième carnet russe, qui retracera l'histoire de Renault en Russie et présentera les véhicules issus de nos chaînes russes. 

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