par Groupe Renault - Patrimoine

Chrono 115, épisode 6 : usines et environnement, l'union impossible ?

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Dans les années 90, l’automobile synonyme de liberté, de reconnaissance sociale et de plaisir, se voit confrontée à la problématique du respect de l’environnement. Renault comprend très vite que son avenir dépendra aussi de sa capacité à intégrer cette donnée dans sa stratégie. Dès 1995, le Groupe décide de construire une politique environnementale. Sa première composante : les usines.

La politique environnementale que Renault élabore au milieu des années 90 aborde la question dans sa globalité : quelle légitimité auraient des voitures « propres », si elles étaient produites dans des usines fonctionnant sans considération pour leur environnement ? Cette politique repose donc sur trois domaines d’actions : les usines, les voitures (à l’usage et en fin de vie) et les évolutions des modes de mobilité.

C’est dans les usines que le Groupe choisit d’initier cette politique. Pendant longtemps, les rejets industriels ou la gestion des déchets n’étaient pas mesurés, et donc pas maîtrisés. Le travail commence donc par un état des lieux. Une cartographie des flux logistiques permet de recenser la source des polluants et leurs flux de migration. Grâce à des interviews de retraités, on retrace, plans à l’appui, l’histoire des implantations des sites pour aller rechercher ensuite les pollutions oubliées de tous… Le chantier de dépollution de l’usine historique de Billancourt, qui balaie un siècle de présence industrielle de Renault, est un témoin significatif : on y déterre des métaux lourds datés pour certains du 19e siècle, lorsqu’on tannait le cuir en bord de Seine.

Dès 1995, Renault applique un management environnemental monde, qui s’appuie sur un réseau motivé et passionné de femmes et d’hommes. Des compétences apparaissent, nouvelles dans le domaine de l’industrie, telles que des biologistes ou des géologues… Avec du bon sens, du pragmatisme et souvent de l’inventivité, ils réduisent progressivement, au quotidien, les consommations et les rejets. Sur toutes les usines, petites ou grandes, françaises ou internationales, ils réduisent rapidement les nuisances environnementales.

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Pour que les usines aient un impact aussi réduit que possible sur leur environnement direct, il faut peu à peu les transformer, modifier leurs « us et coutumes »  et inventer des solutions durables. Chaque usine est un laboratoire pour expérimenter de nouvelles technologies et de nouveaux modes de management : Maubeuge pour la récupération des eaux pluviales, Le Mans pour ses nouveaux procédés industriels et son traitement des rejets atmosphériques de fonderie, Flins pour la prise en compte de la sensibilité de son environnement liée à la proximité de Paris, Cléon pour le traitement des huiles de coupe, Palencia pour la production d’énergies nouvelles, Curitiba pour la biodiversité, le Technocentre à Guyancourt pour la recyclabilité des eaux pluviales et l’entretien de ses espaces verts sans herbicide, Pitesti pour la dépollution des sols, Douai pour l’intégration de la première peinture hydro-diluable… Une fois qu’elles ont fait leurs preuves, ces expériences « pilotes » sont partagées et applicables sur les autres sites.

En 1998, Sandouville est le premier site du Groupe à obtenir la norme ISO 14001, référence internationale en termes de management environnemental. Dans les trois années qui suivent, 100 % des sites sont certifiés. Les sites construits par la suite à l’international appliquent les mêmes méthodes, voire les améliorent.

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Ainsi, Tanger est une réalisation concrète du savoir-faire acquis au fil des ans par tout le réseau environnement monde : par rapport à une usine équivalente, l’usine a réduit ses émissions de CO2 de 98 % grâce aux énergies renouvelables, et ses prélèvements en eau pour les besoins industriels de 70 %… Des efforts reconnus par l’organisation des nations unies (ONU) dans le cadre du protocole de Kyoto et de son mécanisme de développement durable (MDP).

Les progrès en chiffres :
Entre 1998, première année de compilation des données environnementales, et 2012, les impacts environnementaux du périmètre industriel du Groupe sont considérablement réduits :
– consommation d’eau par véhicule : - 65 %
– consommation d’énergie par véhicule : – 31 %
– rejets de métaux toxiques dans l’eau par véhicule : – 60 %
– génération de déchets dangereux par véhicule : – 70 %
– émissions atmosphériques de composé organiques volatiles par véhicule : - 41 %

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