par Groupe Renault - Patrimoine

Chrono 115, épisode 7 : Le style haut de gamme des Renault d'avant-guerre

Du président du conseil français au sultan du Maroc, en passant par les écrivains célèbres de l’époque… Dans les années 1920 et 1930, Renault véhicule les personnalités les plus en vue, dans des voitures qui font jeu égal avec les marques les plus prestigieuses de l’époque. Qu’est-ce qui caractérise le style des Renault d’alors ?

Retour au début du 20e siècle… Jusqu’au début des années 20, il est hasardeux de parler de style en ce qui concerne les automobiles. Les carrosseries sont encore largement inspirées de l’époque des voitures à cheval, et les constructeurs produisent de façon relativement artisanale des châssis qui, particulièrement en haut de gamme, sont habillés par des carrossiers dans leurs propres ateliers. La personnalité des voitures s’exprime par leur partie avant, définie par le constructeur en fonction notamment du système de refroidissement. En 1902, tandis que la plupart disposent le radiateur à l’extrême avant, Renault le place en arrière du moteur : la forme plongeante et dynamique ainsi donnée au capot permet d’identifier la marque à coup sûr.

Jusqu’à 1922, la forme du capot évolue peu. Ce sont les ailes et les phares qui particularisent les millésimes. Peu à peu, les constructeurs reprennent la production de la carrosserie, y compris en haut de gamme. En 1923, le capot des Renault s’orne d’une arête, qui accentue encore l’impression de dynamisme, tandis qu’à l’avant, on dispose une grille ovale pliée à barres horizontales. Elle prend à partir de 1925 la forme d’un losange, qui devient aussi le logotype de la marque – apposé pour la première fois sur la puissante 40 CV. Les carrosseries, en bois, sont alors très classiques, avec des lignes très simples, mais Louis Renault veille tout particulièrement à leur niveau de finition.

En 1928, un an avant la grande crise, Renault présente au salon de l’auto de Paris la Renahuit, la future Reinastella. Cette « huit cylindres » incarne le grand luxe des « Années folles », jouant l’élégance et la rapidité, mais aussi le confort sur les longs trajets et la sécurité. Avec ses 5,20 m de long, ses 2 m de large et ses 2,5 tonnes, Renault la présente comme « véritable Pullman de la route ». Le long capot oblige le radiateur à repasser à l’avant, une disposition que tous les autres modèles adopteront ensuite, par souci d’homogénéité esthétique. Les lignes sobres et la grille de calandre oblique créent un surcroît de dynamisme et d’élégance. Le losange, devenu fonctionnellement inutile, disparaît provisoirement, pour réapparaître en 1931 sous la forme d’un insigne stylisé. Sur la gamme Stella, il est surmonté d’une étoile filante.

 

Avec les années 1930, la mode venue d’Amérique conduit les constructeurs français à s’intéresser à l’aérodynamisme. Chez Renault, il passe par l’abaissement du châssis et du pavillon, l’inclinaison du pare-brise, et l’intégration de la malle arrière. Celle-ci permet d’exploiter un brevet de modularité du siège arrière, mis en application dès 1927 sur les conduites intérieures à caisse carrée. En 1935, Renault fait appel à Marcel Riffard, ingénieur aéronautique de chez Caudron : il crée la Viva Grand Sport, qui pousse très loin la recherche en vue de réduire la résistance à l’air. Elle incarnera l’« hyperaérodynamisme », avec ses lignes fluides, ses ailes enveloppantes et la disparition des marchepieds.

En témoignage de la personnalité et de la réussite de leurs lignes, les Renault ont constamment été à l’honneur dans les grandes manifestions où elles transportaient chefs d’État et ministres, de même que dans les concours d’élégance où elles disputaient aux femmes du monde, actrices et mannequins les plus prestigieux, la palme de l’esthétique.

Lu dans la presse de l’époque…

La Nervastella essayée par le magazine britannique Autocar (14 août 1931) :
La carrosserie de la voiture essayée, un coach, est très bien finie avec d’agréables garnitures de cuir et le confort général est particulièrement bon. Le confort de marche est aussi excellent sur les sièges arrière que sur les sièges avant. Le grand volant, agréable en main, est léger, conforme aux standards modernes et ne transmet aucun choc de la route. L’aménagement intérieur est tout à fait satisfaisant : on y trouve trois plafonniers, un cendrier et un nécessaire pour les flacons de sels, d’eau de mélisse, d’eau de Cologne, de même qu’un allume-cigare électrique. […] À l’arrière, un très volumineux coffre à bagages s’adapte parfaitement bien aux lignes imposantes mais bien proportionnées de la voiture. Dans le compartiment supérieur sont placés les outils, tandis que les valises sont prévues dans la partie principale. Tant que la malle n’a pas été déverrouillée, il est impossible à une personne non autorisée de retirer la roue de secours.
 
 

 

 

 

 

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