par Emmanuel GENTY - Innovation

#Genevamotorshow2018 - Concept Renault EZ-GO : 3 questions a Stéphane Janin

Directeur du design des concept-cars de Renault depuis 2014, Stéphane Janin s’est attaqué avec ses équipes à un nouveau défi : développer un « robot-véhicule » représentant la vision de Renault du futur de la mobilité partagée. C’est le concept Renault EZ-GO, dévoilé au salon de Genève 2018. Une mission radicalement différente des précédents concepts TREZOR et SYMBIOZ puisqu’il a fallu « oublier » le poste de conduite et tenir compte de contraintes particulières liées à l’usage collectif de ce robot-véhicule… qui préfigure nos déplacements urbains de demain. Stéphane nous dévoile les détails de cette démarche inédite.

C’est la première fois que l’on vous demande de dessiner un concept-car « driverless », sans volant, ni pédales ni poste de conduite. Comment vous êtes-vous adapté à cette nouveauté ?

Forcément, le travail n’est pas le même qu’avec un concept « classique » comme TREZOR ou SYMBIOZ, même s’ils étaient dotés de fonctions autonomes. Quoi qu’on en dise, « la forme suit la fonction » et cela s’applique au design. Aux nouvelles fonctionnalités du véhicule et aux nouveaux usages qu’il doit proposer, il faut répondre par de nouvelles solutions design.

Mais il ne faut pas se focaliser sur des éléments particuliers comme l’absence de volant et de pédales. Il convient de rester dans la même démarche que d’habitude en gérant ensemble toutes les fonctionnalités nécessaires au véhicule. D’abord en les dessinant puis surtout en les faisant cohabiter entre elles.

En l’absence de poste de conduite, nous avons pu travailler sur l’espace disponible à bord pour les passagers. Mais c’est une habitude chez Renault de partir de l’intérieur et d’aller vers l’extérieur pour dessiner un concept ou une voiture. Nous avions déjà fortement poussé cette idée avec SYMBIOZ mais avec EZ-GO, elle atteint son paroxysme.

Quels étaient les challenges liés au fait qu’il s’agit d’un robot-véhicule partagé et non plus d’une voiture personnelle ?

Si je devais n’en citer qu’un, ce serait celui de la confiance. Il fallait trouver les bonnes solutions pour que les passagers se sentent en confiance à bord d’EZ-GO. Nous parlons bien de mobilité partagée, et les passagers potentiels seront bien amenés à voyager avec des personnes inconnues, des « étrangers ».

C’est pour cela que nous avons choisi de réaliser un habitacle le plus transparent possible, avec des vitres cristal comme pour SYMBIOZ. Nos études montrent que les personnes préfèrent voyager dans ce genre de configuration.

Nous avons également « forcé » la convivialité en refusant que les personnes à bord soient assises les unes derrière les autres : nous préférions les voir face-à-face. D’où la grande assise de type sofa, en forme de U, qui leur permet d’abord de se voir et s’observer, avant éventuellement d’entamer une conversation… comme finalement dans son salon, dans un café ou dans le lobby d’un hôtel !

Avez-vous fait appel à des compétences techniques particulières en matière d’architecture et d’urbanisme pour dessiner la station ?

En matière d’urbanisme, nous avons pu nous fonder sur nos propres études pour savoir ce que les utilisateurs de la ville attendaient d’un élément de mobilier urbain comme cette station. Nous avons également pu tirer parti des enseignements de notre service Renault Mobility et des remontées de ses échanges avec les villes où il est implanté.

Mais nous avions également des compétences internes au sein de notre département du Design. Cette station a été développée sous la responsabilité de notre architecte designer Tina Kentner qui avait déjà travaillé avec le cabinet en charge de la réalisation de la maison SYMBIOZ.

 

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