par Caroline De Beaumont - Sport

GP de Belgique : Des F1 sous haute surveillance

Pas question de laisser les Renault R.S.17 prendre la piste sur un circuit aussi long que celui de Spa-Francorchamps sans que l’équipe ne garde un œil très attentif sur leur fonctionnement. Grâce à la télémétrie, les ingénieurs savent tout de ce qui se passe à bord.

Les monoplaces de Formule 1 sont bardées de capteurs placés sur de nombreux organes de la voiture et qui mesurent tout un tas de données : pressions, températures, débattements, etc.

En configuration de course, la voiture est équipée d’environ 200 capteurs, mais, en essais privés où ne nous sommes pas limités par le règlement, ce chiffre peut excéder 500 ! » Jason Rees, responsable de l’électronique du Renault Sport Formula One Team

Inter = En temps réel

Les données émises sont enregistrées dans une unité de contrôle électrique et sont également transmises en temps réel (à la vitesse 4 Mbytes/sec) à l’écurie grâce à une antenne placée sur le nez des Renault R.S. 17.

Sur le circuit, il y a entre 15 et 20 personnes qui analysent ces données. Mais ce n’est pas tout : il y a aussi à peu près le même nombre d’ingénieurs qui scrutent ces mêmes données dans les cellules de veille de nos usines d’Enstone et Viry-Châtillon ! » Ciaron Pilbeam, chef ingénieur piste

Tous ces ingénieurs ont les yeux rivés sur les écrans où des courbes retranscrivent graphiquement l’évolution de chaque paramètre. Des alarmes sont même programmées pour détecter immédiatement un problème sur la voiture. Les ingénieurs savent ainsi souvent, avant même le pilote, s’il est victime d’une crevaison !

Les données les plus importantes sont celles qui sont liées à la sécurité, comme par exemple les freins et la pression des pneus. Ensuite, les datas relatives à la performance et à la fiabilité du groupe propulseur sont aussi très importantes telles que les températures de refroidissement, la consommation, etc. Après, il y a les données décrivant la performance et à la fiabilité des éléments liés au châssis comme l’équilibre de la voiture et la performance des pneus ». Ciaron Pilbeam, chef ingénieur piste

Inter = Un rôle crucial

Au début des années 2000, la télémétrie était bi-directionnelle et les ingénieurs pouvaient changer des paramètres de la voiture à distance ! Même si cette option est désormais interdite, la télémétrie reste néanmoins un outil absolument irremplaçable en course car il permet de prendre des décisions cruciales qui pèsent directement sur le résultat final. Soit en permettant d’améliorer la performance de la voiture, soit en optimisant sa fiabilité.

Par exemple, lors des dernier tours du Grand Prix de Grande-Bretagne, la télémétrie a identifié un problème sur la voiture de Nico alors qu’il était sixième. Une analyse rapide des données par les ingénieurs datas a permis d’indiquer à Nico les changements de réglages à entrer sur le volant pour être sûr de terminer la course. Sans cette intervention, la voiture aurait probablement dû abandonner ! » Ciaron Pilbeam, chef ingénieur piste

Vous savez désormais pourquoi, dimanche 27 août à partir de 14 heures, il sera interdit de venir perturber les ingénieurs datas !

 

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