par Caroline De Beaumont - Sport

Grand Prix d’Espagne : DRS, l’ami qui facilite les dépassements

Depuis son introduction en 2011, le système DRS est devenu le meilleur ami des pilotes… et des spectateurs. Il permet en effet de faciliter considérablement les dépassements en cours de Grand Prix.

Les turbulences aérodynamiques dégagées dans le sillage des Formule 1 rendent souvent très délicates les manœuvres de dépassement. La voiture qui se rapproche voit son efficacité aérodynamique soudain altérée et, sur certains circuits, cela condamne parfois toute velléité de manœuvre. Conscient de cette situation, le pouvoir sportif a introduit en 2011 le Drag Reduction System, plus connu sous son diminutif DRS.

Un coup de boost immédiat

Ce dispositif modifie la configuration de l’aileron arrière afin d’offrir un gain ponctuel de vitesse de pointe sur certaines portions du circuit. En étant braqués dans leur position normale, les ailerons offrent à la monoplace de l’appui aérodynamique dans les courbes. Cela permet d’améliorer considérablement l’adhérence de la voiture en virage mais, dans les lignes droites, ces mêmes ailerons braqués créent une résistance à l’air qui ralentit (c’est que l’on appelle la trainée, drag en anglais).

Le DRS permet de réduire cette trainée en mettant à l’horizontal le volet supérieur de l’aileron arrière. Il offre ainsi au pilote un coup de boost immédiatement perceptible :

Sur le circuit de Barcelone où se disputera dimanche le Grand Prix d’Espagne, l’utilisation du DRS permet de gagner 17 km/h de vitesse de pointe. Cela représente 0,5 seconde sur le chrono d’un tour ! », précise Ciaron Pilbeam, Chef ingénieur piste de Renault Sport Formula 1 Team.

Une utilisation très encadrée

Bien sûr, l’utilisation de ce coup de pouce est strictement réglementée. Elle est autorisée en course à partir du troisième tour et est réservée aux pilotes qui se trouvent à moins d’une seconde du concurrent qui les précède au moment où ils franchissent une ligne de détection déterminée par la FIA. S’ils sont dans ce cas, ils ont droit d’activer leur DRS au passage d’une ligne tracée sur la piste :

Le pilote presse alors un bouton sur le volant qui commande de manière hydraulique le volet supérieur de l’aileron arrière, poursuit Ciaron Pilbeam. Celui-ci se remet automatiquement dans sa position normale lorsque le pilote appuie sur la pédale de frein. S’il le souhaite, le pilote peut aussi appuyer sur le bouton pour désactiver son DRS. »

Le programme qui gère le groupe propulseur hybride reste inchangé lorsque le pilote utilise le DRS. Toutefois, si le dépassement qui s’annonce est crucial pour le résultat de la course, le pilote peut actionner un joker complémentaire au DRS :

Il existe en effet sur le volant un bouton « dépassement » que le pilote peut sélectionner s’il souhaite activer le mode de gestion le plus performant du moteur, mais il ne peut s’agir que d’une utilisation ponctuelle », reconnaît Ciaron Pilbeam.

Le circuit de Barcelone dispose de deux zones de DRS dont l’une est la plus longue de la saison. De quoi booster la témérité des pilotes sur ce premier Grand Prix européen de la saison…

En résumé, le DRS, qu’est-ce que c’est ?

Le DRS permet de réduire la trainée aérodynamique de la voiture. Le gain est suffisant pour tenter de dépasser la voiture qui vous précède. Une alerte sonore et un voyant sur le volant indiquent que le DRS a été activé. Le concept est identique en 2017 et son fonctionnement ne diffère guère par rapport aux saisons précédentes. Il s’agit tout simplement d’un outil de plus à notre disposition ! "
Jolyon Palmer, Pilote Renault Sport Formula One Team

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