par Groupe Renault - RSE

#greenstories : Sommet sur le climat, 3 questions à Jean Philippe Hermine

À l'occasion du sommet mondial qui s’est tenu le 12 décembre 2017 à Paris (France), le Groupe Renault a réaffirmé son engagement pour le climat. Signataire du « French Business Climate Pledge », le Groupe Renault est l'une des 91 entreprises françaises à s’engager concrètement dans la lutte contre le changement climatique à travers la réduction de son empreinte carbone. Explications avec Jean Philippe Hermine, directeur Stratégie et Plan Environnement du Groupe.

Qu’est-ce que le sommet mondial sur le climat ?

Jean-Philippe Hermine : Le « One Planet Summit » se tient 2 ans, jour pour jour, après l’Accord de Paris, premier accord sur le climat à caractère universel. Si l’accord de Paris a posé le cadre de l’objectif à savoir, contenir le changement climatique en dessous des 2° C d’ici 2100, le sommet mondial pour le climat a vocation à faire avancer la mise en œuvre des actions nécessaires pour atteindre cet objectif. Il rassemble les acteurs de la finance publique et privée aux côtés des industriels pour financer et accélérer la lutte commune contre le changement climatique et soutenir l’adaptation à ces changements. L’objectif affiché de ces deux jours est de donner une nouvelle impulsion pour « verdir » la finance internationale et les stratégies de développement des entreprises en faveur d’activités et d’innovations qui contribuent à la transition énergétique.

Quels sont les enjeux pour le Groupe Renault et en quoi ce sommet du climat est-il important pour nous ?

JPH – Les attentes vis-à-vis du secteur des transports, l’un des plus dépendants aux énergies fossiles, sont importantes et légitimes. Comme l’a rappelé Carlos Ghosn lors de son intervention au « One Planet Summit », notre rôle est d’apporter des solutions technologiques qui soient fiables et abordables pour pouvoir les généraliser et ainsi produire un effet de masse. Notre engagement pionnier et volontariste dans le développement du véhicule électrique est reconnu et salué par la communauté internationale. La parole de Renault compte. Nous avons rappelé nos engagements forts dans le domaine révélés dans le cadre du Plan Drive de Future. Nous avons également mis en avant l’ensemble des innovations associées à l’éco-système du véhicule électrique (recharge intelligente, seconde vie des batteries) qui sont autant d’accélérateurs vers une utilisation plus efficiente de l’énergie (le lissage des consommations) et le développement des énergies renouvelables qui ont besoin de relais de stockage pour contribuer au maximum à la transition énergétique. Enfin nous avons également souligné en quoi les services nouveaux, notamment à travers les véhicules autonomes et connectés, constitueront des relais de progrès considérables dans l’optimisation des usages en faveur de la mobilité électrique.

Pour autant, ces innovations et mutations nécessitent l’action de tous les acteurs de l’éco-système. Elles requièrent des infrastructures, des politiques d’accompagnement et un cadre réglementaire cohérent. Pour réussir, nous, industriels, avons besoin de deux conditions essentielles : - d’abord un cadre de concertation local, national, international pour développer des ambitions cohérentes et homogènes. Puis, une fois le cap commun fixé, nous avons besoin du soutien de politiques publiques volontaristes et stables dans le temps. C’est par le dialogue et la concertation que ces conditions émergent et c’est tout le sens de notre participation au sommet ou au « French Business Climate Pledge ».

Quels sont les engagements pris par le Groupe Renault dans le cadre du « French Business Climate Pledge » ?

JPH - L’industrie automobile doit diviser par 2 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 pour atteindre les objectifs COP21 et contenir le changement climatique en dessous des 2° C d’ici 2100 (cela en tenant compte d’un possible doublement du parc automobile d’ici 2050). Cela implique de réduire de près de 40 % les émissions du puit à la roue des véhicules particuliers qui seront vendus en 2030 par rapport à ceux vendus en 2010. L’ambition de Renault est d’aller au-delà de cet objectif et de maintenir sa contribution positive aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur automobile, au niveau mondial.

De 2010 à 2016, grâce au développement de la gamme de véhicules électriques, aux progrès réalisés sur le véhicules thermiques et à la mise en œuvre des principes de l’économie circulaire (autre domaine d’excellence de Renault : boucles courtes matières, utilisation de matières recyclées ou pièces de réemploi et remanufacturées, recyclage des véhicules et batteries en fin de vie, économie de la fonctionnalité), le Groupe a dépassé ses objectifs de réduction de son empreinte carbone, au rythme annuel de - 3,3%. Avec son plan « Drive the Future », Renault s’engage conserver une trajectoire en ligne avec les objectifs de la COP 21 rappelés ci-dessus, en réduisant son empreinte carbone de -25 % à horizon 2022 vs 2010 en moyenne des véhicules vendus.

Étude de la Fondation pour la Nature et l'Homme sur "Le véhicule électrique dans la transition écologique en France".

Le mercredi 6 décembre dernier, la Fondation pour la Nature et l'Homme et la Fondation Européenne pour le Climat ont publié les détails d'une étude sans précédent réalisée avec la participation de Carbone 4 et d'un groupe d'experts composé de représentants de: ADEME, AVERE, CLER, RAC, RENAULT, WWF, SAFT et RTE. L'objectif de l'étude est d'évaluer le rôle que joue le véhicule électrique pour relever le défi climatique : associée à l’économie circulaire, à la maitrise de la consommation énergétique et au développement des capacités de stockage, le VE et son écosystème peuvent accélérer la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables en France.

Les principaux enseignements :

1) Les impacts des véhicules électriques sur le climat et l'environnement varient selon l'origine de l'électricité utilisée. Les atouts environnementaux du véhicule électrique sont intrinsèquement liés à la mise en œuvre de la transition énergétique à la sortie des énergies fossiles. Les émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie d’un véhicule électrique sont aujourd‘hui 2 à 3 fois inférieures à celles des véhicules essence et diesel.
2) Les avantages environnementaux des véhicules électriques pourront être accentués en développant les services au système électrique ("vehicle-to-grid" ou V2G) ou en maximisant l'utilisation de voitures partagées par exemple.
3) Lorsque le véhicule électrique est stationné et en charge, il peut importer et exporter une partie de l'électricité contenue dans la batterie vers le réseau électrique (V2G). Dans les cas où les objectifs de la transition énergétique sont atteints en 2030, les véhicules électriques V2G pourraient être une solution complémentaire de flexibilité pour le système électrique.

 

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