par Groupe Renault - Patrimoine

Henney Kilowatt : la Dauphine électrique américaine

Créée en 1959, aux États-Unis, la Henney Kilowatt est une Dauphine électrique américaine conçue par les sociétés National Union Electric Corporation et Eureka Williams. A l’époque où l’électrique est encore réservée à des initiés, il s’agit d’un projet fou avec de nombreux enjeux !

Naissance du projet de Dauphine électrique

À la fin des années 50 - début des années 60, après avoir connu un succès mitigé aux États-Unis, Renault se retire peu à peu du pays. C’est à cette époque que naît le projet d’une Dauphine électrique. En 1959, l’Américain Russell Feldman, président de la National Union Electric Corporation et propriétaire des établissements de carrosserie Henney et des batteries Exide commande 100 Dauphine à la Régie, dépourvues d’éléments mécaniques. Ce choix s'oriente vers la Dauphine pour plusieurs raisons. Pour profiter du stock restant à Renault aux États-Unis, son poids réduit par rapport à toutes les autres autos du marché et enfin la position du moteur en position arrière, qui permet de monter très simplement des moteurs électriques (pour l'essentiel des General Electric empruntés à des Fenwick). La Henney Kilowatt est née ! Seuls 47 clients écologistes avant l’heure passeront commande…

La majorité des exemplaires (32) ont été vendus à des compagnies électriques. Il était également possible de les acheter directement chez Henney. D'ailleurs à l’époque, les autorités de l’État du Tennessee sélectionnent la Dauphine électrique comme véhicule de service. Aujourd’hui, on ne connaît que deux exemplaires encore roulant. Une dizaine d’exemplaires serait encore aux États-Unis. Et deux sont actuellement en France, l’une étant conservée au Patrimoine Renault.

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Publicité pour la Henney Kilowatt (crédit : dauphinomaniac.org)

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Une Henney Kilowatt aux Etats-Unis (crédit : dauphinomaniac.org)

Une autonomie de 75 Km et 14 batteries de 6V

La Dauphine Kilowatt a connu plusieurs versions. Le premier modèle, destiné à un usage urbain, possède 12 batteries de 6 V montées en série avec une vitesse maximale de 64 km/h pour une autonomie estimée à 64 km à pleine charge. Il en aurait été fabriqué huit seulement. Le second modèle est équipé de 14 batteries de 6 V, portant sa vitesse maximale à 80 km/h et 75 km d'autonomie. Tout ce matériel prenant beaucoup de place, la Henney Kilowatt ne disposait pas de coffre. En revanche, le poids restait contenu entre 950 et 1100 kg selon les versions. Les deux modèles étaient disponibles en teintes rouge Montijo, grise ou noire.

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Équipement électrique dans le coffre avant et arrière de la Henney Kilowatt (crédit : dauphinomaniac.org)

Renault ZOE digne héritière de la Dauphine électrique américaine ?

La technologie du véhicule électrique a beaucoup évolué ! Entre aujourd’hui et hier, plus rien à voir. Cependant, notons le fait qu'à l'époque déjà, une version développée par Bell Laboratories (quelques années après la Henney Kilowatt) autorisait une recharge partielle lors du freinage, et se pilotait grâce à une électronique embarquée.

Deuxième détail amusant et commun à la Kilowatt et à ZOE : compte-tenu du prix de ses batteries, Yardney (qui a mené un autre projet de Dauphine électrique) envisageait déjà, à l'époque, de les louer plutôt que de les vendre pour faire baisser le prix de l'auto à l'achat. Il n'y a pas eu, là non plus, de suite à ce projet. 

Finalement et malheureusement, hier comme aujourd'hui, les tentatives d’introduction de l'électrique connaissent le même obstacle : l'absence d'infrastructure de bornes de recharge.

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Henney Kilowatt de la collection Renault, Mondial de Paris 2010

Remerciements à Jean-Jacques Dupuis du magazine GAZOLINE suite à son article et qui nous a beaucoup aidé pour la rédaction de ce billet de blog.

Tags: collection Dauphine électrique environnement états-unis histoire zoe