par Philip McEvoy - Entreprise

Institut de la mobilité durable : 5 ans en 5 questions

Le besoin de mobilité au sein de nos sociétés n'est pas près de disparaître. Et les défis s'accumulent. À l'heure où Renault fête le cinquième anniversaire de son partenariat avec une jeune génération de scientifiques, Philippe Schulz, expert leader sur l’Eenvironnement, l’Energie et les Matières Premières chez Renault nous présente les travaux de l'Institut de la Mobilité Durable.

Où que nous vivions, nous avons besoin de nous déplacer, pour aller travailler comme pour déposer nos enfants à l'école. Nous avons également besoin de moyens de transport pour acheminer les produits que nous consommons et pour permettre à nos entreprises de fonctionner. Aujourd’hui, si nous voulons maintenir nos modes de vies, il est impératif de réduire nos impacts sur l’environnement. La mobilité durable nous concerne tous.

C'est pourquoi la Fondation Renault et ParisTech ont décidé en 2009 de s'associer pour créer l’Institut de la Mobilité Durable, devenu depuis une communauté très dynamique de recherche. ParisTech est un réseau qui rassemble les meilleures grandes écoles françaises de chercheurs et d'ingénieurs.

Philippe Schulz expert leader Environnement, Energie et Matières Premières chez Renault et membre actif de l’IMD répond à nos questions.Philippe Schulz

Philippe Schulz expert leader Environnement, Energie et Matières Premières chez Renault et membre actif de l’IMD répond à nos questions.

Quels sont les enjeux de la mobilité durable ?

Philippe Schulz : « Au niveau global, il s’agit d'abord de réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans un contexte de changement climatique et de diminution des ressources naturelles. À l'heure actuelle, 60 % du pétrole consommé au niveau mondial sert au transport, dont 25 % pour les voitures particulières. Réduire notre dépendance par rapport au pétrole, c’est aller vers les véhicules électriques et hybrides. Mais cela conduit, en parallèle, à d’autres conséquences, comme ferait presque doubler dans les cinq prochaines années la consommation de cuivre de l'industrie automobile. La voie la plus sage est très certainement celle d'un mix de différentes sources d'énergie et d'une réduction de la consommation de matières premières, au profit des matières recyclées.

Au niveau local, les enjeux classiques concernent la pollution atmosphérique et la qualité de l'air. Dans les pays développés, les constructeurs automobiles ont fait d'énormes progrès au cours des 30 dernières années, réduisant les émissions dans des proportions atteignant parfois 90 %. Mais dans des villes comme Pékin ou New Delhi, le problème est loin d'être résolu.» 

En quoi Renault est-il un acteur de la mobilité durable ?

Philippe Schulz : « Renault a pour ambition de rendre la mobilité durable accessible à tous. Cela passe en grande partie par le développement de technologies abordables.

En 2013, Renault est devenu leader européen des véhicules à faible taux de carbone, avec une moyenne d'émissions de CO2 inférieure à 115g/km sur les voitures neuves.

Renault a réalisé des gains de consommation de 30 % au cours des 10 dernières années, grâce à l'utilisation de moteurs plus petits et d'un meilleur rendement. L'Alliance Renault-Nissan, qui a vendu le mois dernier son 200 000e véhicule électrique, produit désormais 58 % de tous les véhicules électriques fabriqués dans le monde.

C’est selon nous la voie que devrait emprunter la société. L'électricité est essentiellement produite localement. L’augmentation du parc électrique rendrait les pays moins dépendant des importations énergétiques.

Nos travaux de recherche au sein de l'Institut de la mobilité durable nous ont également convaincus que l'avenir résidait dans la mise en place de nouveaux services. Nous souhaitons aujourd’hui aider nos clients à réduire leur consommation, en adaptant leur comportement au volant.

Il est d'ores et déjà possible de profiter de telles prestations dans tous les véhicules Renault disposant du système embarqué R-link. Connecté à l'ordinateur de bord, il aide le conducteur à freiner et à changer de rapport au bon moment, à adapter sa vitesse aux conditions locales de circulation et à davantage anticiper. Il a été prouvé que ce système permettait d'économiser de 15 à 20 % sur la facture de carburant et qu'il améliorait la sécurité.

Evoquons également les outils Driving eco², intégrés dans les nouveaux véhicules Renault sur R link, qui vous aide à réduire votre consommation au fil de vos déplacements. Un jeu dans lequel vous devenez rapidement votre propre adversaire ! Les clients apprécient vraiment. »

Quel rôle Renault est-il appelé à jouer dans les années à venir, en tant que constructeur automobile ?

Philippe Schulz : « Nous entrons actuellement dans un monde nouveau. Les nouvelles technologies sont omniprésentes et les gens sont désormais demandeurs d'une information presque instantanée. Renault doit anticiper les changements majeurs qui pourraient impacter notre secteur – peut-être plus que d'autres industries, parce que nous sommes très proches du client.

Nous savons déjà que les marchés en croissance seront les marchés émergents. Ainsi, en l'an 2000, le marché automobile mondial représentait 50 millions de voitures, dont 1 million vendues en Chine. En 2020, ce même marché mondial aura doublé, pour atteindre 100 millions d'exemplaires, dont au moins 25 millions en Chine. Un quart des ventes de voitures se fera donc en Chine. 

Chez Renault, nous devrons continuer d’adapter nos produits à ces nouveaux  marchés, à de nouveaux pays et à de nouveaux challenges, en traitant le problème de l'engorgement et de la circulation de différentes manières.

Une révolution se profile également dans les 5 à 10 prochaines années : celle de la voiture connectée, puis de la voiture autonome. Cela représente un gigantesque défi pour les constructeurs automobiles. Mais nous savons chez Renault que nous devons être ouverts au changement, prêts à adopter les nouvelles façons de penser et nouvelles technologies.

Nous devons repérer les domaines dans lesquels nous pouvons apporter de la valeur et sans cesse réévaluer notre rôle. Il y aura certainement de la valeur au niveau des services et de la façon dont nous les proposerons aux automobilistes et à leurs passagers. »

De quelle manière l'Institut de la mobilité durable soutient-il l'action de Renault, et réciproquement ?

Philippe Schulz : « L'Institut est pour Renault un excellent moyen de rester connecté avec le monde et au fait des dernières avancées. ParisTech est un réseau de grandes écoles scientifiques regroupant des spécialistes dans de nombreuses disciplines, depuis la chimie et l'ingénierie jusqu’aux technologies de la communication, en passant par la gestion des ressources naturelles, la mécanique ou l'économie du climat.

C'est une véritable pépinière de talents, une communauté mettant en lien des gens qui travaillent dans des domaines scientifiques différents, qui ont des bagages différents, afin de favoriser des échanges féconds. Renault leur fournit des projets concrets, qui sont autant de défis leur permettant d'approfondir leurs compétences.

Ce partenariat est un bel outil, qui donne à Renault la capacité de voir bien au-delà des objectifs à court terme. Nous nous retrouvons chaque année lors de deux séminaires et, après cinq ans d'échanges permanents, d’amitiés et de projets partagés, nous formons une vraie communauté.

Bien entendu, certaines recherches sont confidentielles, mais une bonne partie de l'information est ouverte à tous, afin d'encourager une collaboration encore plus large. Nous avons mis en place, dans le cadre de l'Institut, une sorte d'antenne chargée de détecter les signaux émis par le monde scientifique et la société, y compris les plus ténus – signaux que nous pouvons ensuite transposer dans des technologies ou des services. »

Pourriez-vous nous donner quelques exemples concrets des travaux de l'Institut ?

Philippe Schulz : « L'Institut de la mobilité durable donne à Renault un accès privilégié à certaines compétences et à certains outils dans de nombreuses disciplines. Cela nous est très utile non seulement au niveau théorique, mais aussi dans la résolution de certains problèmes pratiques.

Dans le cadre de notre activité sur le véhicule électrique, par exemple, nous étions confrontés à un certain nombre de questions récurrentes en matière de performances environnementales. L'Institut a réalisé une série d'études autant sur la production que sur la consommation et l'efficacité énergétique des VE, pour ensuite proposer un modèle extrêmement utile d'écosystème du véhicule électrique, qui guidera nos futurs travaux.

Autre exemple, celui d'un risque identifié en amont par l'Institut, ce qui a permis à Renault d'anticiper. La plupart des véhicules électriques font appel à des éléments que l'on appelle des terres rares, qui proviennent presque exclusivement de Chine. Lors de la crise de 2010, le prix des oxydes de terres rares a été multiplié par 1 000. Renault n'a pas été touché, car nous avions anticipé ce risque et étions passés à un moteur à base de cuivre.

L'Institut est aujourd'hui une communauté bien établie, dont les résultats sont manifestes et qui travaille en étroite collaboration avec les décideurs de Renault, dans le cadre d'une réflexion très constructive et porteuse de réalisations positives. Nous participons à l'avènement d'un avenir plus serein. »

 Pour en savoir plus sur les 5 ans de l'IMD, rendez-vous sur le site www.mobilite-durable.org

Institut de la mobilité durable

5 années pour une mission

2009 : Renault, la Fondation Renault et ParisTech unissent leurs forces

Mission : mener des recherches sur l'avenir du transport individuel et de la mobilité électrique

Objectifs : promouvoir la recherche sur des systèmes de mobilité innovants et former aux réalités du secteur du transport une nouvelle génération de talents dans les domaines des sciences et du management           

Tags: environnement Mobilité