par Emmanuel GENTY - Innovation

Intimité ou convivialité : quel habitacle pour les robots-véhicules de demain ?

D’ici fin 2018, le grand public pourra monter à bord de ZOE autonomes circulant sur la voie publique, dans le cadre du Rouen Normandy Autonomous Lab. Partenaire de ce service expérimental de mobilité partagée à la demande, le Groupe Renault y voit là l’occasion parfaite pour faire tester par les utilisateurs les idées de reconfiguration de l’habitacle de ses futurs robot-véhicules.

La configuration classique de l’habitacle d’un véhicule (deux ou trois rangées de sièges qui font tous face à la route) est-elle encore adaptée à l’heure de la voiture autonome, voire sans chauffeur ? Comment réorganiser cet habitacle lorsque la voiture n’est plus pensée pour le conducteur mais devient un objet de mobilité partagée centré sur les passagers ? Comment permettre à ces derniers d’accepter l’absence de conducteur et la proximité avec des personnes qu’ils ne connaissent pas forcément ?

Les chercheurs et ethnologues du Groupe Renault engagés dans le développement des véhicules autonomes planchent depuis longtemps sur ces questions. Sans oublier d’associer les clients à leurs réflexions. Cela passe par des enquêtes préalables mais aussi de vraies mises en situation sur le terrain, comme dans le cadre du Rouen Normandy Autonomous Lab, dont le Groupe Renault est partenaire* et qui sera ouvert au public d’ici la fin de l’année 2018.

La sécurité en priorité

Cette expérimentation d’un service de mobilité partagée à la demande et autonome sur routes ouvertes -une première en en Europe !- utilise des Renault ZOE électriques et entièrement autonomes à l’intérieur desquelles les passagers doivent avant tout se sentir en sécurité. La présence à bord d’un bouton d’arrêt d’urgence -visible et accessible-, de caméras de surveillance et d’un système permettant de dialoguer à distance avec un superviseur (même si dans le cadre de ces expérimentations, un superviseur reste à bord) font partie des besoins que les personnes interrogées ont exprimé le plus fortement.

Renault ZOE électriques entièrement autonomes à l’intérieur l'usager est en sécurité avec un bouton d'arrêtMais il en faut plus pour leur permettre « d’accepter » véritablement l’absence de chauffeur. C’est pour cela que ces prototypes de robots-véhicules sont équipés d’un écran d’information visible par tous les passagers. Il affiche des éléments montrant clairement ce que « voit » le véhicule et quelles sont ses intentions, tout en rappelant périodiquement les éléments-clés du « règlement intérieur » comme l’interdiction de fumer et de manger à bord.

Rechercher l’intimité ou faciliter les échanges ?

Autres questionnements importants, ceux concernant la perception de l’espace à bord et donc, la configuration de l’habitacle. L’une des ZOE de l’expérimentation bénéficie d’un habitacle transformé : le siège passager avant ne fait plus face à la route mais est tourné vers les sièges arrière, dans le but de faciliter les échanges avec les autres utilisateurs du service. Les utilisateurs/testeurs nous diront si, pour un trajet partagé, ils plébiscitent cet esprit de convivialité ou préfèrent la recherche d’intimité, par exemple pour poursuivre une conversation téléphonique ou écouter de la musique sans gêner leur voisin.

L'habitacle de la ZOE est transformé : le siège passager avant ne fait plus face à la route mais est tourné vers les sièges arrièrLe coffre fera aussi partie des éléments scrutés. Faut-il le supprimer pour gagner de l’espace à bord ? Ou le conserver au risque de nuire à la fluidité du service à cause des temps de charge et de décharge voir même de générer du stress à cause des vols potentiels ?

Autant de questions qui prouvent ô combien ces enquêtes de terrain sont fondamentales pour développer les futurs robots-véhicules de demain. Rappelons que le Groupe Renault ambitionne de de lancer de tels services commerciaux -en collaboration avec l'Alliance- d'ici la fin de son plan stratégique Drive The Future 2017-2022.

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*Avec la Métropole Rouen Normandie, la Région Normandie, le groupe Transdev, le groupe Caisse des Dépôts et le Groupe Matmut.

Les concepts SYMBIOZ et EZ-GO vont encore plus loin

Les réflexions de nos ingénieurs et les enquêtes auprès des clients servent aussi à préparer un futur plus lointain que l’horizon 2022 Ainsi, les deux derniers concept-cars présentés par Renault et porteurs d’une vision à plus long terme exploraient eux aussi ce principe d’habitacle repensé pour la conduite autonome, chacun à leur manière.

SYMBIOZ Concept mise sur la modularité, afin de permettre au conducteur et à ses passagers de profiter au mieux des moments où la conduite est déléguée à l’un des modes du système autonome

2017 - Renault SYMBIOZ

SYMBIOZ Concept (salon de Francfort 2017) misait sur la modularité, afin de permettre au conducteur et à ses passagers de profiter au mieux des moments où la conduite est déléguée à l’un des modes du système autonome : colonne de direction et volant qui s’escamotent, pédalier et tableau de bord qui se reculent d’une quinzaine de centimètres, sièges avant qui pivotent à 180°, etc. Le conducteur et son passager avant pouvaient ainsi faire face aux passagers arrière comme dans un salon, autour d’une petite table se déployant entre les sièges.

Intérieur du concept EZ-GO - service de transport partagé sans chauffeur

2018 - EZ-GO

De son côté, en tant que service de transport partagé sans chauffeur, le concept EZ-GO (salon de Genève 2018) avait fait le choix pour l’aménagement intérieur d’un espace d’échange ouvert, propice à la convivialité grâce à des assises de type sofa, distribuées en arc de cercle.

Ces deux concepts montrent ce que seront peut-être les habitacles des véhicules autonomes et sans chauffeur commercialisés par Renault, cette fois à l’horizon 2030.

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