par Marie CLARET-TOURNIER - RSE

L’usine de Tanger, une démarche zéro émission et zéro effluent industriel

Le 10 juillet 2017, Renault célèbre le millionième véhicule fabriqué par l’usine de Tanger. A cette occasion, Jean-Philippe Hermine revient sur la stratégie « zéro émission de CO2 » et « zéro rejet d’effluent industriel » mise en place par le groupe sur ce site.

Jean-Philippe Hermine Directeur du Plan Environnement, Groupe Renault

Ingénieur Géologue de formation, Jean-Philippe Hermine débute par des missions de recherche en géotechnique sur les glaciers de l’arctique et en antarctique, et en pollutions industrielles des sols et nappes phréatiques dans le cadre du percement du tunnel sous la Manche, notamment.
Il entre chez Renault en 1996 pour piloter les audits environnementaux qui accompagnent le déploiement du groupe à l’international. Il rejoint ensuite la Direction du Plan Environnement, pour coordonner la politique Recyclage de Renault et la construction de partenariats innovants sur la valorisation de matières. Depuis 2011, Jean-Philippe Hermine occupe les fonctions de Directeur Stratégie Plan Environnement de Renault en charge de définir et mettre en œuvre la politique Environnement au niveau des véhicules comme des activités du groupe. Il est également Président Directeur Général de Renault Environnement, une holding qui gère les participations de Renault dans l’économie circulaire.

Comment la démarche « zéro émission de CO2 et zéro rejet d’effluent industriel » de l’usine de Tanger s’inscrit-elle dans la stratégie du Groupe Renault ?

Le site de Tanger est un des fers de lance de la stratégie environnementale de Renault, qui vise notamment à réduire son empreinte carbone. En effet, nous avons fait de la réduction de l’empreinte carbone du Groupe un indicateur de tête de nos plans stratégiques successifs depuis 2010. Renault a été le premier constructeur automobile à se fixer un tel objectif, de façon à la fois chiffrée et publique !

La réduction de l’empreinte carbone de nos activités est également vertueuse du point de vue économique. Elle est liée, d’une part, à la maîtrise de nos consommations d’énergie et donc des coûts associés, et d’autre part, à l’utilisation d’énergies renouvelables ce qui réduit notre dépendance aux cours des énergies fossiles.

Concernant la gestion de l’eau, la démarche est similaire. Préserver la ressource en eau est essentiel, non seulement pour réduire nos impacts sur les écosystèmes, mais aussi pour assurer la pérennité de nos approvisionnements.

Pourquoi avoir choisi le site de Tanger pour en faire une usine exemplaire dans la réduction de ses impacts sur l’environnement ?

Le choix de l’implantation géographique incitait, de lui-même, à apporter un soin particulier au circuit de l’eau, car le Maroc fait partie des pays en situation de stress hydrique.

Pour ce qui est de la gestion de l’énergie, le Maroc présente un atout de taille : le développement croissant de la production d’électricité à partir de sources d’énergies renouvelables sur son territoire. Le pays s'est lancé depuis près d'une décennie dans un programme ambitieux de renforcement et de diversification de son réseau électrique.

Le site de Tanger jette-t-il les bases d’un outil de production Renault plus respectueux de l’environnement ?

A Tanger, nous sommes partis d’un terrain vierge. Renault a décidé, dès les études de conception de l’usine, de la rendre innovante et performante sur le plan environnemental. Un site green field permet de mettre plus facilement en œuvre des process de rupture, par rapport à un outil industriel existant qui serait optimisé.

L’usine de Tanger a la particularité d’être conçue à la fois « zéro CO2 » et « zéro effluent ». Mais toute nouvelle usine de l’Alliance Renault-Nissan adopte des technologies innovantes.

Pour ne citer que deux exemples d’usines récentes : en Inde, l’usine de Chennai, créée en 2010, met en œuvre les technologies les plus avancées pour recycler intégralement ses effluents industriels, dans un pays également en stress hydrique ; en Chine, l’usine inaugurée en 2016 par Renault et son partenaire Dongfeng à Wuhan bénéficie aussi des dernières technologies en matière d’efficacité énergétique.

Et toute usine Renault existante s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue. Les systèmes de roues et d’échangeurs thermiques, qui ont fait la preuve de leur efficacité à Tanger, font partie des technologies préconisées par Renault à chaque conception ou renouvellement d’équipement. Inversement, la Gestion Technique Centralisée pilotant tous les postes de consommation en temps réel, en place à Tanger, est issue des meilleures pratiques observées dans les autres usines du Groupe.

EN SAVOIR PLUS sur : la réduction des impacts environnementaux grâce à l’usine Renault-Nissan de Tanger

Une conception « zéro émission de CO2 » fondée sur deux piliers :

  • Plus de 90 % des besoins issus d’énergies renouvelables, notamment grâce à une chaufferie biomasse innovante
    • Plus de 100 000 tonnes de CO2 évitées par an
  • L’efficience énergétique pour maîtriser les consommations
    • Une économie d’énergie de 45 % au département Peinture

 

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Une absence de rejet d’effluent industriel reposant sur :

  • Le recyclage à 100 % des eaux usées industrielles
    • Une véritable station d’épuration en boucle fermée économise environ 900 m3 par jour
  • La maîtrise de la consommation d’eau industrielle, grâce à l’optimisation de différents process
    • Une économie d’environ 70 % par rapport à une usine classique de capacité équivalente

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Tags: Tanger usine