par Thomas AUDEBERT - Innovation

Renault prépare les infrastructures pour la voiture connectée de demain avec SCOOP

L’année 2017 est celle du déploiement à grande échelle des 3 000 voitures pilotes du projet SCOOP, visant à tester dans des conditions réelles de circulation la connectivité de demain entre véhicules (V2V) et des véhicules vers les infrastructures (V2X). Ce projet européen soutenu par des acteurs privés et publics porte le message d’innovation du Groupe Renault, fournisseur de 1 000 Mégane. Explications.

Le projet SCOOP, qu’est que c’est ?

C’est un projet de déploiement pilote de systèmes de transports intelligents (ITS - Intelligent Transportation System) et coopératifs construit en partenariat avec différents acteurs en France : le ministère de la transition écologique et solidaire, des collectivités territoriales, des gestionnaires d’infrastructures, des universités et des centres de recherches et d’études scientifiques.

Ce projet SCOOP (pour Systèmes COOPératifs) créé un canal de communication entre les véhicules et également entre les véhicules et les infrastructures routières. En clair, les voitures se parlent entre elles et parlent avec la route pour être alertées et s’alerter entre elles sur d’éventuels dangers, ralentissements, accidents, etc. L’objectif prioritaire est d’améliorer la sécurité sur les routes et de fluidifier la circulation.

D’un côté, les véhicules communiquent aux routes et aux autres véhicules équipés des informations sur les obstacles rencontrés en direct sans réseau d’opérateur de télécommunication. De l’autre, les « routes » transmettent aux véhicules équipés des informations sur les conditions de circulation, les chantiers, la vitesse autorisée, les accidents ou les obstacles. » détaille Christine Tissot, chef du projet SCOOP@F pour Renault et expert des Technologies d’information et de communication des transports.

Comment ça marche ?

Dans les voitures, des capteurs et calculateurs recueillent et analysent de nombreuses informations : vitesse du véhicule, angle du volant, adhérence des pneus, mise en route de l’essuie-glace, déclenchement des airbags, etc. Celles-ci servent à déterminer les conditions de circulation et une éventuelle urgence : verglas, obstacle ou accident. Si un problème est détecté, le véhicule émet alors un message d’alerte autour de lui à partir de son boîtier embarqué, via un protocole de communication par ondes radio de type Wi Fi. Mais celui-ci est adapté à l’automobile, notamment aux objets en mouvement, et offre une portée allant jusqu’à 1 000 mètres.

Ce message d’alerte est destiné soit aux autres véhicules, soit aux unités fixes situées le long des routes. Ces dernières peuvent aussi communiquer vers les voitures et vers un serveur SCOOP qui centralise les informations et peut se mettre à jour en temps reel.

Voici un exemple détaillé : un véhicule circule et s’approche d’un lieu où s’est produit un accident. Aussitôt, son boîtier embarqué envoie un signal autour de lui pour indiquer cet incident. Les voitures suiveuses le reçoivent et le transmettent tour à tour. Jusqu’à pouvoir prévenir quelqu’un bien avant qu’il n’arrive sur le lieu. En parallèle, une des voitures suiveuses peut croiser une borne fixe et transmettre également l’information. Cette dernière prévient automatiquement le central qui alertera les secours et mettre fin à l’incident.

Et cet exemple n’est pas isolé. Animal perdu sur la route, chantier provisoire, embouteillage, éboulement, etc. : les possibilités d’usage sont très nombreuses.

C’est déjà lancé ?

Initié en 2014, le projet SCOOP entre dans une phase d’expérimentation à grande échelle : 2 000 kilomètres de routes vont être dotés d’unités fixes dans 5 régions françaises : Ile-de-France, A4, Isère, rocade de Bordeaux et Bretagne et 3 000 véhicules - dont 1 000 Mégane équipées par Renault en sortie d’usine de Palencia (Espagne) - commenceront bientôt à circuler à travers la France.

Cette campagne d'expérimentation, qui s’étalera jusqu'à fin 2018, permettra de confirmer l’intérêt de ces technologies pour la sécurité routière et servira à optimiser l’ensemble du dispositif avant son déploiement », précise Christine Tissot

Pourquoi Renault participe au projet SCOOP ?

Le Groupe Renault est acteur de ce projet depuis ses débuts car l’amélioration de la sécurité routière se situe au cœur de ses préoccupations. Qui plus est, celui-ci correspond à sa vision du véhicule de demain, qui sera notamment autonome et connecté. Cette connectivité se fera au cœur d’un écosystème global impliquant la voiture, son environnement et, bien entendu, le conducteur et ses passagers. Elle représentera également une brique technologique supplémentaire menant au véhicule autonome. Sans oublier la diminution des rejets polluants, car en fluidifiant la circulation, ces technologies contribueront à limiter la consommation de carburant et d’énergie.

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