par Groupe Renault - Innovation

Véhicule électrique : vers la recharge dynamique sans fil ?

Encore considérée comme un frein à l’achat d’un véhicule électrique, l'autonomie est au cœur de nombreux sujets de recherches. Et s'il suffisait de rouler pour recharger sa batterie ? Adieu les arrêts obligatoires aux bornes de recharge !

L’autonomie du véhicule électrique ? Plus un problème. C’est tout l’objet de la démonstration qui vient d’être effectuée aujourd’hui sur une piste d’essai à Satory (France). Deux Kangoo Z.E. ont été transformés pour intégrer la technologie de la charge dynamique sans contact, développée par Qualcomm Technologies, une entreprise spécialisée dans les produits et services sans fil.

 

3 questions à Virginie Maillard, directrice de la recherche

 

1. Qu’est-ce que la charge dynamique sans contact et en quoi consiste cette expérimentation ?
La charge dynamique sans contact s’appuie sur la technologie de l’induction (comme les plaques de cuisson qui ont remplacé nos traditionnelles gazinières ces 10 dernières années). Concrètement, des bobines sont installées dans le sol et sont alimentées par des câbles électriques. Ces bobines émettent un champ électromagnétique capté au passage du véhicule et reconverti en électricité par un dispositif intégré au véhicule.
L’objectif de cette expérimentation est de démontrer la faisabilité technique de cette nouvelle technologie intelligente. Le système DEVC (Dynamic Electric Vehicle Charging) testé aujourd’hui est capable de charger un véhicule électrique en roulant, en délivrant une puissance de charge de 20 kilowatts à des vitesses allant jusqu'à 100 kilomètres par heure. L’expérimentation dynamique s’est déroulée sur une piste de 100 mètres construite par l’institut de recherche Vedecom (institut dédié à la mobilité individuelle décarbonnée et durable) à Satory, en région parisienne (France). Cette expérimentation a lieu dans le cadre du projet FABRIC, projet européen  destiné à analyser la faisabilité de la technologie DEVC sans fil. L’hypothèse est la suivante : en zone urbaine si le conducteur de véhicule électrique roule 25 % de son temps sur une route équipée de cette technologie, il n’a plus besoin de s’arrêter à une borne pour se recharger.

2. Quels sont les enjeux de cette experimentation ?
Ils sont doubles. Il faut repenser les schémas énergétiques. La course à la plus grosse batterie aura une fin. Les batteries deviennent trop volumineuses et lourdes pour être intégrées dans un véhicule ou trop difficile à fabriquer. Nous recherchons donc de nouveaux équilibres énergétiques qui consistent à déporter la problématique de l’autonomie vers la charge et l’infrastructure plutôt que l’énergie embarquée dans la voiture. Parallèlement, le marché du véhicule électrique continue de progresser en Europe, l'objectif est de proposer une alternative aux bornes de recharge classique et de pallier leur nombre limité ainsi que le temps nécessaire pour une recharge complète, principaux freins à l'usage de tels véhicules, après l'autonomie.

3. Quelles sont les opportunités pour Renault ?
Le développement d’une telle technologie sera un levier important de l’accroissement des volumes de ventes et des parts de marché dans le futur. Les deux principaux freins à l’achat (autonomie et recharge) de véhicules électriques seraient alors levés. C’est également une nouvelle promesse pour nos clients de véhicules électriques: le « never plug » (« Je ne me brancherai plus jamais »). C’est enfin totalement en ligne avec la définition de la marque Renault, le « easy life », rendre la vie plus facile à nos clients.

Virginie Maillard est directrice de la recherche pour le Groupe Renault depuis 2014, au sein de l'Alliance Renault-Nissan. Elle est également responsable de la stratégie recherche du Groupe Renault.

Tags: véhicules électriques