Innovation | 31 janvier 2020

Économie circulaire : le coup d’accélérateur

Economie circulaire
C’est dans les vieux pots d’échappements qu’on fait les meilleurs moteurs. C’est faux, mais c’est un peu le principe de l’économie circulaire dans le secteur automobile : faire du neuf avec des pièces en fin de vie. Habiller Nouvelle ZOE avec des chutes de ceinture recyclées, offrir une deuxième chance à des moteurs usagés, alimenter des bâtiments avec d’anciennes batteries de voitures électriques, et la boucle est bouclée. On vous explique tout.
par Agathe Erol

Il y a ceux qui recyclent leurs vieux vêtements, ceux qui adoptent des poules pour éliminer leurs biodéchets, ceux qui achètent leur smartphone reconditionné sur BackMarket, ou encore ceux qui remettent à neuf leur voiture avec des pièces de réemploi. Souvent sans le savoir, la plupart d’entre nous participons à l’économie circulaire.

Si nous ne sommes pas tous de parfaits citoyens éco-responsables équipés de compost et de toilettes sèches, la prise de conscience écologique individuelle se propage comme une ola dans un stade de foot. Et c’est tant mieux. Car sans vouloir livrer ici un nouveau pamphlet alarmiste, rappelons qu’en 2019 il nous aurait fallu « 1,75 planète pour satisfaire les besoins de l’humanité sans mettre en péril les besoins des générations qui suivent »[1]. Ce n’est un secret pour personne : il est nécessaire de faire évoluer notre modèle économique, en utilisant le moins de ressources possible et en recyclant ce qui peut l’être. C’est cela l’économie circulaire.

Une nouvelle vie

Mais si le concept semble facile à comprendre, il recouvre de nombreux aspects. Quand on parle d’économie circulaire, on pense d’abord à l’éco-conception, c’est-à-dire à l’utilisation de ressources renouvelables, durables[2] et réutilisables sous d’autres formes. Pour l’industrie automobile l’enjeu est de taille.
Concrètement, pour le Groupe Renault, il s’agit de concevoir des véhicules durables, contenant des matériaux recyclés ou récupérables. Et pour nos véhicules électriques plus spécifiquement, il s’agit notamment d’offrir une seconde vie aux batteries qui ne sont plus utilisables, pour stocker des énergies renouvelables et pour alimenter des bâtiments par exemple.

Le stockage stationnaire
Stockage stationnaire assuré grâce à des batteries de voiture électrique de seconde vie (Porto Santo)

Le recyclage de nos véhicules en 5 chiffres

  • Dans le respect de la réglementation européenne, sur la masse totale des véhicules hors d’usage : 95% sont valorisés (réemploi ou recyclage matière) et 85% sont recyclés.[3]
  • Au moins 50% des matériaux contenus dans les batteries électriques et accumulateurs usagés sont recyclés.[4]
  • 33% : c’est le taux moyen de matières recyclées sur les véhicules du Groupe Renault produits en Europe fin 2018.
  • Plus de 50 kg de plastiques recyclés dans l’ESPACE V.

L’échange standard à Choisy-le-Roi

Chez Renault, le reconditionnement de pièces usagées de véhicules ne date pas d’hier. A Choisy-le-Roi, en Ile-de-France, l’usine Renault offre une seconde vie aux pièces détachées depuis 70 ans. Sur ce site où travaillent près de 300 collaborateurs, environ 30 000 moteurs et boîtes de vitesses sont démontés, nettoyés, expertisés et remontés à la main chaque année. Depuis peu, le reconditionnement s’est étendu aux pièces de mécatronique et aux cartes électroniques. Ces organes sont ensuite proposés en échange standard à prix cassés. Une usine unique en son genre et référente en France en matière d’économie circulaire, qui s’est vu remettre en 2014 le trophée du même nom par le ministère de l'Ecologie et du Développement durable.

Vieille auto

L’économie circulaire suppose également de penser en termes de cycle de vie du produit. Prenons l’exemple de votre sèche-linge. Il ne s’agit pas seulement d’apprécier ce qu’il consomme à chaque fois qu’il essore vos paires de chaussettes, mais de considérer plus globalement son impact sur l’environnement, en termes d’émissions de CO2 entre autres, de sa production à sa fin de vie. Cette analyse permet notamment d’évaluer s’il vaut mieux continuer d’utiliser un produit - une vielle voiture polluante par exemple – ou s’il vaut mieux le recycler et le remplacer par un autre - un véhicule électrique en tissus recyclés, pour citer Nouvelle ZOE.

Vieille Auto Renault
Si on aime le charme des véhicules anciens, il faut parfois savoir se recycler et se laisser séduire par d’autres atouts.

Sans les mains

Enfin, l’économie circulaire nous amène à remonter dans le temps pour revisiter quelques bonnes habitudes, comme l’échange et le partage. Le troc de silex contre une peau de bison est ainsi devenu Vinted, la plateforme communautaire de vente et d’échanges de vêtements en ligne, et le partage de techniques entre clans nomades du Paléolithique est aujourd’hui Stootie, l’appli d’échanges de services entre particuliers. L’usage plutôt que la propriété, le partage : cela s’applique aussi bien sûr au secteur automobile.

On pense tout de suite à Renault Mobility, le service de location en libre-service de véhicules à l’heure ou la journée en France, à Zity, le service d’autopartage de véhicules électriques à Madrid, ou encore à Marcel, le VTC citoyen. Vous connaissez déjà ces services de mobilité partagée, mais ce que vous ne savez peut-être pas c’est que le Groupe Renault prépare déjà le coup d’après.

 

Selon l’ONU, en 2050 la population mondiale atteindra 9,8 milliards d’habitants et près de 70% habiteront en milieu urbain. Ainsi, la demande croissante pour une mobilité urbaine dans les années à venir nécessite de développer des offres efficaces, à la fois propres, durables et partagées. Notre réponse : des expérimentations de services de mobilité intelligente, partagée, autonome, électrique, publique et privée, via deux projets et des prototypes de ZOE autonomes : Rouen Normandy Autonomous Lab et Paris-Saclay Autonomous Lab. Sans parler d’EZ-GO, EZ-PRO, EZ-ULTIMO et EZ-POD, les 4 concepts de robots-véhicules dévoilés en 2018 et 2019, qui illustrent - grandeur nature - notre vision de la mobilité urbaine et partagée de demain. Si vous n’y tenez plus, venez jeter un œil à la mobilité du futur, par ici.

Concepts cars Renault
EZ-PRO, EZ-GO et EZ-ULTIMO, 3 concepts cars qui illustrent notre vision de la mobilité de demain.

Rouler en tissu recyclé

Descendons un instant de notre robot-taxi et filons à Brassac pour parler textile recyclé aux Filatures du parc. Dans cette entreprise familiale installée depuis 1976 dans le Tarn, 300 tonnes de textile produites chaque année sont issues de vieux vêtements et de chutes de tissu. C’est là qu’est conçu le textile recyclé que nous retrouvons à bord de Nouvelle ZOE, sur les coiffes de sièges, les revêtements de planche de bord, la console levier de vitesse et les garnitures de portes. Plus précisément, le fil cardé 100% recyclé qui habille Nouvelle ZOE est fabriqué à partir de ceintures de sécurité, de chutes textiles provenant de l’industrie automobile et de bouteilles en plastique.  Ce fil est ensuite remis entre les mains d’Adient Fabrics, qui procède au tissage dans son usine de Laroque d’Olmes, en Ariège. On vous en dit plus par là.

Ne pas freiner

Ces exemples montrent que si l’industrie automobile a certes pu faire partie du problème, elle fait clairement partie de la solution, et le Groupe Renault entend bien être à la pointe. Entre recyclage des tissus, reconditionnement des pièces détachées, réutilisation des batteries de véhicules électriques, développement d’offres d’autopartage toujours plus propres et durables, nous sommes montés à bord d’un nouveau modèle économique plus vertueux. Avec notre filiale Renault Environnement, nous ne comptons pas nous arrêter là, et généralisons pas à pas ces démarches à l’ensemble de nos activités. Prochain cap : 2022 avec l’objectif d’augmenter d’ici là de 50% notre consommation globale de plastique recyclé par rapport à 2013 [5].

 


[1] ADEME, publication d’octobre 2019

[2] Notons que l’obsolescence programmée, qui a tant fait parler d’elle, est considérée comme un délit depuis 2015 en France.

[3] Dans le respect de la réglementation européenne de 2015.

[4] Dans le respect de la réglementation européenne de 2006.

[5] Le Groupe Renault est signataire de la Feuille de Route Économie Circulaire de l’État français dont l’objectif est de tendre vers 100 % de plastiques recyclés en France d’ici 2025.

 

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