Innovation | 14 mai 2020

La blockchain, vecteur de transformation du futur de l’industrie automobile

3 min
Le Groupe Renault travaille sur la technologie de la blockchain depuis 2015. Apparue dans la finance, elle permet de réaliser des échanges en temps réel sécurisés au sein d’un réseau, sans risque de falsification, tout en respectant la propriété de la donnée. Un outil prometteur pour l’industrie automobile par les gains d’efficience, de productivité et de réactivité qu’il procure.
par Nicolas LE-BOUCHER

Des échanges en réseau sécurisés et certifiés entre entreprises partenaires ou entre membres d’un écosystème (une entreprise et ses clients ou ses fournisseurs par exemple). Des échanges en temps réel pour répondre aux exigences de réactivité. Voici ce qu’offre la blockchain, ou « chaîne de blocs » en français. Grâce à cette technologie, les données dans la blockchain sont inaltérables, infalsifiables et stockées de manière décentralisée et sécurisée.

La blockchain pour sécuriser les échanges

Dans la blockchain, toute nouvelle information n’efface pas l’ancienne mais est encapsulée dans un nouveau registre numérique appelé « bloc ». Ce dernier est vérifié par les machines du réseau au moyen d’algorithmes contrôlant notamment la légitimité de l’expéditeur et la qualité de la donnée. Une fois validé, le bloc rejoint la chaîne de blocs inaltérable, d’où le nom « blockchain ».

Un constructeur automobile, ses fournisseurs, ses équipementiers, ses fabricants et ses clients sont autant d’écosystèmes dans lesquels les besoins de transversalité, de rapidité, de transparence dans l’information sont cruciaux. La technologie blockchain est l’opportunité de passer du traditionnel rapport client-fournisseur à une relation partenariale plus pérenne.

La technologie blockchain et le Groupe Renault

Pour le Groupe Renault, elle doit être utilisée comme un outil digital collaboratif multi-entreprises au sein de la filière automobile. Ainsi, elle est source de gains de productivité et d’une intelligence collective pour les entreprises qui l’utilisent. Pour le client, elle permet par exemple de certifier les informations de réparation et de maintenance de son véhicule lors de sa revente

Pour le Groupe Renault, l’automobile de demain sera électrique, connectée, autonome et partagée. Un avenir plus technologique que jamais qui devra s’adapter aux nouveaux usages, aux nouveaux besoins et aux contraintes règlementaires. Face à ces enjeux, le Groupe Renault considère la blockchain comme un vecteur de la transformation de l’industrie automobile.

Une vingtaine de projets de déploiement de cette technologie ont été identifiés, notamment sur la traçabilité des transactions financières, sur les échanges au sein de la chaîne logistique (ou supply chain) et sur ceux dans le réseau de ventes. Certains d’entre eux seront déployés très prochainement.

Trois questions à Odile Panciatici, expert-leader du projet Blockchain

Pourquoi le Groupe Renault utilise-t-il la technologie de la Blockchain ?
OP :
La collaboration est primordiale pour le futur de l’industrie automobile, pour la conception des voitures bien sûr mais aussi pour tous les projets de services et de mobilité. La valeur de la collaboration est alors démultipliée pour chaque acteur. Lorsque vous élargissez votre horizon, vous pouvez voir à quel point ce futur est prometteur.

Comment le Groupe Renault utilise-t-il la technologie de la Blockchain ?
OP :
Nous avons défini une méthodologie : Quelle est la puissance de cette technologie ? Quels sont les nouveaux défis qu'elle peut relever, et quels sont les points sensibles qu'elle permettra de résoudre ? Nous avons identifié une vingtaine de projets qui ont été planifiés dans une feuille de route. De la traçabilité aux transactions financières, les domaines d'application sont vastes.

Quels sont, jusqu’à présent, les bénéfices apportés par la blockchain au Groupe Renault ?
OP : La blockchain a ouvert notre vision du futur. Les bénéfices ne seront pas seulement pour le Groupe Renault mais pour tout l’écosystème d’un projet. Ses bénéfices se ressentent sur la performance, l’excellence opérationnelle et la réactivité mais surtout la confiance au sein et à l’extérieur de l’écosystème. Cela concerne les clients (pour un produit ou un service) et les consommateurs (par exemple les utilisateurs de VTC ou d’un service d’autopartage).

 

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