Entreprise | 16 décembre 2019

Laura Rodríguez : la main à la pâte

3 min
Comme son père, Laura Rodríguez travaille à l’usine Renault de Séville. A l’atelier, elle fabrique des boîtes de vitesses. Dans sa cuisine, elle se glisse dans la peau de cheffe pâtissière et monte des sculptures sucrées.
par Agathe Erol

Il est 18 heures, Laura s’affaire. Elle allume le four, pétrit, mélange, assemble, compose, lisse. Elle attrape les instruments posés sur le comptoir, les gestes sont précis, on se croirait dans un bloc opératoire. Il lui reste 24h pour livrer sa commande : un gâteau montgolfière sur deux étages. Et s’il le faut elle y passera une partie de la nuit.

La rigueur, l’organisation, la gestion du temps : elle connaît. Depuis ses 21 ans, Laura Rodríguez travaille à l’usine Renault de Séville en Espagne. Et depuis 15 ans, elle découpe avec autant de précision ses décors en sucre que les pièces des boîtes de vitesse sur la chaîne de montage.

Au four et au moulin

Laura tient à cette double vie. D’un côté, c’est une histoire familiale, qui commence avec son père, Francisco, 42 ans à l’usine de Séville : « J’ai travaillé une dizaine d’années à ses côtés. C’est une fierté pour nous. Renault occupe une place importante dans notre famille et je suis heureuse de perpétuer la tradition. »

De l’autre, une passion bien à elle : « Je suis la seule à pâtisser dans la famille. D’ailleurs j’ai commencé à faire des gâteaux en regardant des tutoriels sur YouTube ! ». Et ce qu’elle aime dans la pâtisserie, c’est observer l’émotion qu’elle suscite chez les autres : « J’ai vu plus d’une fois des personnes les larmes aux yeux lorsqu’ils découvraient leur gâteau. » Car ses créations sont plus proches de l’œuvre d’art que du gâteau au yaourt : Laura ne fait que dans le sur-mesure, et a suivi toute une formation pour maîtriser les techniques de pâtisserie créative. Le principe : combiner l’élaboration du gâteau avec le design, en travaillant sur différents nappages et techniques de décoration.

« Chaque gâteau est unique et pensé selon la personnalité de chacun »

Très courante aujourd’hui au Etats-Unis, l’art de la pâtisserie créative remonte en réalité au XVIIIe siècle en France, pour réapparaître en force sous l’ère victorienne au XIXe siècle en Angleterre. Aujourd’hui encore, la famille royale utilise ces techniques pour orner les gâteaux de mariage, comme celui de la reine Elisabeth II qui pesait 230 kg et s’élevait sur 3 mètres de hauteur.

God save the cake

Si Laura n’a pas encore surclassé le gâteau royal, elle maîtrise néanmoins les créations pâtissières sur 4 étages. « Aller au supermarché et acheter un gâteau c’est facile. Là, chaque gâteau est unique et pensé selon la personnalité de chacun, le moindre détail est soigné, tout est fait à la main et confectionné avec passion. » De la passion il en faut, car certaines créations lui demandent jusqu’à trois jours de travail.

Collègue de rêve

Depuis qu’elle s’est lancée, Laura reçoit beaucoup de commandes de la part de ses amis et de sa famille, et utilise volontiers ses collègues comme cobayes : « Ce qu’ils préfèrent en ce moment c’est le brownie au chocolat noir et blanc. » Mais la place des gâteaux dans sa vie professionnelle en reste là : « Mon plus grand bonheur dans la pâtisserie c’est de faire plaisir aux gens. Pour moi, cela doit rester une passion. » Et si leur confection minutieuse reste toujours un moment de grâce, Laura préfère voir ses gâteaux dans les assiettes des autres : « Je suis plutôt salé ».

 

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